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Week end d'initiation aux chants d'oiseaux

Le Parc National de Port-Cros – Porquerolles pour la deuxième année consécutive, nous a accueillis dans ses locaux pour un stage d’initiation à l’écoute des chants d’oiseaux. Notre groupe constitué de 9 personnes, 5 déficients visuels et 4 accompagnateurs a été pris en charge par Céline, guide du parc et Yves, ornithologue passionné.

En ce premier week end d’avril, la météo fut particulièrement mauvaise. Mais nos hôtes ont su nous faire oublier ces aléas. Nous avons pu alterner sorties en forêt et apprentissage en salle. Yves a répondu à de très nombreuses questions par des explications toujours très claires et imagées. Sa formation au CRBPO (Centre de Recherches sur la Biologie des Populations d’Oiseaux) et son excellente pédagogie ont fait merveille, comme l’an dernier.

Céline, plus spécialisée en botanique, a complété ces notions sur le terrain. Yves a tenu compte des remarques que nous avions formulées lors du premier stage. Afin de mieux nous faire comprendre certaines informations, il a fait fabriquer des tableaux en relief.

Ces documents nous ont permis par exemple de comprendre que notre oreille n’était pas capable d’entendre l’intégralité du chant d’un oiseau qui se situe très souvent dans des fréquences élevées. En suivant du doigt les courbes nous avons compris que certaines harmoniques n’étaient pas audibles par l’oreille humaine.

La campagne de baguage à laquelle notre stage est adossé dure 5 semaines sur l’île de Porquerolles. Au cours de leur migration, de nombreux volatiles font halte sur l’île pour se reposer, se nourrir et continuer leur long voyage. Au camp de baguage, nous avons été reçus par une équipe d’ornithologues bénévoles chargés de baguer, peser, mesurer les oiseaux capturés dans de grands filets tendus près d’une lagune. Grâce à leurs explications, nous avons pu pénétrer ce monde souvent inconnu des déficients visuels qui entendent leurs chants, mais n’ont pas souvent l’occasion de toucher leur plumage.

Ouda, Catherine, Serge, Patrice et Thierry ont pu tenir dans leurs mains ces oiseaux qui ne pèsent parfois que quelques grammes : 6.3 grammes pour un pouillot, 8 ou 9 grammes pour une autre fauvette etc...

Quelle sensation de ressentir la légère vibration lorsque l’oiseau, stressé par sa capture et les manipulations, se retourne et reprend sa liberté. Mais nous serons encore plus étonnés d’apprendre que le pouillot que Serge vient de relâcher sera peut être demain à plus de 100 kilomètres de Porquerolles.

Lors de cette halte, Yves nous parle de la migration de certains oiseaux qui parcourent plus de 8000 kms sans se poser, en profitant des vents portants. De l’avis de tous, reconnaître les chants est un long apprentissage : en effet un oiseau peut faire varier son chant ou pousser des cris en fonction de ce qu’il veut exprimer ( marquer son territoire, alerter ses congénères, etc...)

A la fin de ce week end, nous avons longuement échangé nos impressions et remercié les organisateurs. Les participants voyants ont regretté de n’avoir pas eu de représentation physique des oiseaux et les mal et non-voyants ont été frustrés de ne pas pouvoir imaginer les couleurs et la forme de ces derniers. Mais Céline et Yves ont plus d’un tour dans leur sac, et nous réserverons peut être quelques surprises pour notre prochaine visite sur l’ile de Porquerolles.


Thierry Jamen
UDV 83